Bienvenue sur le blog du Cicado

Le Cicado est un club nature pour ados proposé par l'association La Cicadelle. Il est animé par deux bénévoles (Jean-marc Guilet et Denis Robin) et Patrick Trécul, animateur nature de l'association.

Le groupe se retrouve à peu près tous les deux mois pour partir à la découverte de la faune, de la flore et des nombreux milieux naturels vendéens.

Ce blog a pour but de promouvoir l'activité du Cicado, de permettre aux jeunes adhérents de ce groupe de communiquer entre eux et d'informer tous les autres membres de l'association de ce qui se passe pour les jeunes cicadelliens trop agés (+ de 11 ans) pour pouvoir continuer les clubs nature pour enfants.

Nous espérons que vous prendrez plaisir à partager les découvertes de nos graines de naturalistes !

Lundi 21 décembre 2009 1 21 /12 /2009 18:13
Bonjour tout le monde,
La suite du récit tardait à venir !!  Mais la voici ici.
(désolé de ne pas la publier sur ce blog là, mais étant donné que je l'ai mise autre part, jai un petit peu la flem de refaire les manips photos et tout...)

Robin
Par cicado - Publié dans : cicado
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Samedi 5 septembre 2009 6 05 /09 /2009 12:14
 

Du 19 Juillet au 2 Août, je suis partie en vacances à Rouffignac, à 25 km de Périgueux.  


C'est le premier soir que le fameux « "tüt"
» du crapaud accoucheur, s'est fait entendre. Le plus étonnant, c'est que nous étions en plein camping ! Le lendemain soir, nous avons décidé de partir à sa recherche. Armés de nos lampes torches, nous marchons en direction de l'air de jeux. Après quelques minutes de recherche, nous nous retrouvons là où le son se fait le plus fort, c'est à dire, sous un toboggan !! Aucun crapaud, jusqu'à ce que Pauline, ma cousine, repère un petit trou dans le sable. Nous l'éclairons, et nous apercevons un œil de notre ami le crapaud accoucheur (voir la photo). Après quelques photos, nous repartons en direction de la tente.

Le lendemain soir, nous repartons de nouveau à sa recherche. Cette fois-ci, nous nous dirigeons vers le terrain de pétanque du camping. Nous en trouvons un sous une poutre, à même le sol, visible grâce à un trou. Curieux, nous soulevons la poutre entièrement. A notre plus grande surprise, ce n'est pas un que nous voyons mais six ! Après avoir remis la poutre à sa place, nous en soulevons une autre à côté. Six encore ! Avec des œufs et sans œufs. Au total, douze en une nuit et sous deux poutres !!

 Ps : Merci à Pauline pour la photo.                            
                                                                                                                                                                  
Claire

Par cicado
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 19 août 2009 3 19 /08 /2009 22:51
Voici une bêbête rencontré dans les Pyrénées (vacances en famille cette fois), je vous défis de trouver de quoi il s'agit! Et en bonus, je veux que vous me deviniez ce qu'elle est en train de faire.

Préparez bien tous la rentrée (erf!)
++

L'aroundel alias moi^^

PS: désespérant de ne pas reussir à mettre la video sur le blog, je vous met l'URL: http://www.youtube.com/watch?v=h8rdkLEO4Ug


Par cicado - Publié dans : cicado
Ecrire un commentaire - Voir les 14 commentaires - Recommander
Dimanche 26 juillet 2009 7 26 /07 /2009 22:25

QUATRIEME PARTIE : LES BETES DE LA MAISON.

Bon, j’ai vraiment mis la pédale douce sur la rédaction de mes articles en ce moment… l’envie y était mais le temps, les copains, le boulot (en vrais, j’ai rien à faire^^) ; l’important c’est que je m’y remette, non ? Je casse un peu le système chronologique pour faire une pause dans la « narration » de mon voyage.

            Dans les rares moments où nous ne sommes pas partis en cavale, la maison est notre refuge. Comme en France (enfin la métropole), une faune bien particulière y a élu domicile, c’est quand je lâche un peu l’ordinateur et les consoles que je me mets à observer notre nid douillet de plus près (il y a quand même des trucs qui ne se loupent pas).

Pas besoin de faire le ménage en Guyane ! Un petit insecte s’en occupe très bien à notre place, un bout de chocolat tombé par terre, une heure plus tard il n’y aura plus rien, un croissant laissé sur le buffet pour la nuit, il aura disparu le lendemain matin, du sucre renversé, en quelques minutes les grains ne seront plus que souvenir. Mais qui est donc ce rapace, ce voleur, ce balai à nourriture ? J’ai l’honneur de vous présenter les fourmis sucre (Tapinoma melanocephala)! Elles font à peine un millimètre mais sont en un nombre extrêmement élevé dans chaque habitation : fourmis rouges, amatrices de tous les sucres et de toutes les graisses, elles se jettent sur le moindre bout de nourriture laissé à l’abandon. N’est-ce pas super ? Mieux que les robots de nettoyage dans les films de SF, quoi rêver de mieux que de ne jamais faire le ménage ? Alors miracle ou fléau ? Fléau !! Toutes les boîtes de cacao, de sucre, de pain de confiture, de lait, de miel, de céréales sont prises d’assaut, il faut tout enfermer soigneusement et rigoureusement et mettre au frigo, sans quoi ce serait vite la famine. J’avais une fois laissé un fond  de chocolat chaud pour me faire un brin de toilette, je reviens un quart d’heure plus tard pour déguster le fond du bol (c’est mon moment préféré, quand il reste que le chocolat fondu au fond avec plein de sucre, que c’est encore tiède et que sa glisse au fond de la gorge, mmmh…) Mais il reste RIEN dans mon bol !! Qui l’a bu ? mais qui l’a bu mon chocolat ? Mon frère ? mon copain ? le frère de mon copain ? le petit dernier de la famille ? le papa ? Non ? Les FOURMIS !!

Continuons à parler de fléau : les papillons (chefs d’œuvre de la nature), c’est ma raison de vivre, leur beauté n’a pas d’égal, même les plus ternes des noctuelles ont du charme, enfin bon, j’aime c’te bête ! Un soir de dîner à la chandelle, un plus grand nombre de papillons tourne autour des lumières, tous les mêmes. J’en capture un à main nue, il n’est pas magnifique mais ses formes sont intéressantes, je le relâche… mes hôtes rient sous cape. Qu’avais-je fais ? Ils sont pourtant habitués à ma maladie d’attraper tous ce qui vole… Ma main commence à me démanger, je me gratte, ça pique, ma paume est toutes rouge (c’est bizarre), je n’ai pourtant pas été piqué, ni touché de plantes louches dans la journée… le papillon ? En effet, les écailles des ailes de cette créature du diable sont urticantes ! Ils sont de plus en plus nombreux et ils s’excitent autour des lumières. Le phénomène est déjà connu dans la famille : des mesures sont prises ; toutes les ampoules sont remplacées par des lumières plus ternes et rouges, cette couleur n’attire plus les assaillants.

Lors de cette mésaventure, nous avons pu observer la très longue approche d’un gecko, petit reptile ressemblant à quelque chose près à un lézard, dont la proie était le papillon nuisible, si l’on n’y prêtait pas attention, on l’aurait cru immobile mais en le regardant bien, on voyait ses petites pattes à ventouses se lever et se baisser très lentement ; en un quart d’heure, il n’avait fais qu’une dizaine de centimètres et le papillon était à encore une quinzaine de cm de lui. Et finalement, conclusion très décevante, l’insecte s’est envolé laissant le pauvre reptile le ventre vide…

Le jardin ! Ah, le jardin, petite parcelle de terre face à la mer, je l’aime bien, il y a des cocotiers, des bananiers, et plein d’autres palmiers aux grandes feuilles et des petits buissons aux petites fleurs. Tous les matins (ou presque) je faisais mon petit tour pour voir s’il n’y avait pas quelques petites bêtes comme je les aime, je n’ai malheureusement pas vu grand-chose : quelques papillons, des colibris et puis basta.

(anartia jatropheae)

(la grosse flemme de le déterminer, vous m’excuserez j’espère. Il ressemble à un de chez nous en tous cas)


Le jardin, c’est aussi un peu le garde-manger, comme sûrement chez quelques uns, on y va pour piquer des fraises, des framboises, des mûres, ou un brugnon… et bien c’est exactement pareil ici, sauf que, ce ne sont plus des petites baies mais carrément des bananes, rouge dans notre cas, c’est une espèce de petites bananes qui ne sont pas jaunes mais orangées, très sucrées (délicieux), ou alors des mangues ou de la noix de coco… Dans le jardin, il y a aussi le rafraichissement ; le tout, c’est de trouver la bonne grosse noix de coco dans un palmier, ou alors d’en ramasser une (non brisée) sur le sol (c’est plutôt rare), donc on grimpe au palmier, plus facile à dire qu’à faire, on y a même renoncé d’ailleurs et on a fait tomber les noix avec un bâton. Voila ! C’est une bonne grosse boule verte que j’ai dans les mains, maintenant il suffit d’extraire le jus dont elle est remplie, le fameux lait de coco ; la méthode traditionnelle, c’est de couper la noix dans la longueur pour retirer la fibre végétale qui entoure la véritable noix (que l’on voit dans notre commerce) et de retirer un petit couvercle, on pose un verre sur le trou puis on retourne l’ensemble : le jus va être transvasé dans le verre et on peut enfin déguster ! Cette boisson est très désaltérante et j’adore son goût (miam miam) mais la méthode de récolte est trop laborieuse pour nous, notre petit truc c’est de prendre un tournevis, de percer un trou dans la coque puis d’introduire une paille et de siroter tranquillement le lait végétal. J’ai appris qu’il existait une sorte de noix de coco appelée « coco champagne » dont le lait est pétillant, je n’ai pas eu l’occasion d’y gouter…

 

            Il ya a aussi le petit bricolage maison… on s’était mis en tête de faire un cadeau de nos mains aux parents restés de l’autre coté de l’Atlantique; j’avais déjà repéré des bambous d’une effarante largeur ça et là pendant nos balades, nous en avons alors pris quelques uns au Mont Rorota (je raconterai sûrement plus tard cette randonné) et ni une ni deux, armés de scie, de couteau et de machettes, nous nous sommes mis au boulot : notre projet, de grand ramequins à gâteaux apéro !

 

Hé bien ?! C’est pas si terrible que ça ? Ca remplit très bien ça fonction première et l’avantage, c’est qu’il faut beaucoup de cacahouètes pour le remplir^^ et en plus, avec une bonne bouteille de rhum à côté, on se retrouve automatiquement dans le climat guyanais à chaque apéro.

Bon… je ne vais pas vous parler des tiques, des moustiques, des puces, et de plein d’autres nuisibles qui piquent et qui sucent le sang, qui même, parfois, pondent sous votre peau et vous insufflent, en plus de leurs larves, des maladies terribles telles la fièvre jaune, le palu… Mais nous sommes vaccinés avant de décoller, donc tous va bien !

Pour finir, j’ai juste envie de vous faire baver, je vous mets la vue que j’avais tous les matins en me levant.

 

 

 

 

 ET...ma chambre

 

 



Aroundel alias Robin
Par cicado
Ecrire un commentaire - Voir les 21 commentaires - Recommander
Mardi 28 avril 2009 2 28 /04 /2009 18:40
Certes, notre objectif principal n'a pas été atteint lors de cette sortie, mais l'ilôt de Chaillezais, à Chaillé les marais, nous a offert quelques découvertes...
En voici une : il s'agit de l'Aeschne printanière (Brachytron pratense).




Si vous avez d'autres photos de cette sortie, n'hésitez pas à me les envoyer pour que je les mette sur le blog !

Patrick.
Par cicado
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Lundi 13 avril 2009 1 13 /04 /2009 13:34
Regardez ce que Juliette (du Cicado d'Aizenay) a réussi à photographier chez elle...
Cela arrive de temps en temps chez les oiseaux, et surtout chez le merle noir.
On apelle ça des oiseaux leuciques.
C'est une anomalie génétique.Il existe aussi des animaux albinos, ceux-ci sont tout blancs.
Bravo Juliette pour ces photos et pour ta persévérance !
Par cicado
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mercredi 4 mars 2009 3 04 /03 /2009 17:17

VOYAGE EN GUYANE

TROISIEME PARTIE : LES ÎLES DU SALUT.

                Je vais consacrer cette partie à un seul jour et à un seul endroit, ô combien extraordinaire et magique, aujourd’hui paradis sur terre et zone militaire, hier enfer des damnés. Il n’y  a pas que des palmiers et des papillons, mais aussi de hauts murs de pierre et de grandes charpentes en fer rouge. Il s’agit bien évidement de l’archipel des trois célèbres îles : l’Île St Joseph, l’Île Royale et l’Île du diable appelées les Îles du Salut !

            C’est par une matinée ensoleillée que nous embarquons, les yeux encore pleins de sommeil, sur le catamaran La Hulotte, tenu par un joyeux homme rondouillard amateur du p’tit ponch. La mer en très calme et le vend souffle bien, nous optons pour une bronzette matinale sur le pont avant d’attaquer une grosse journée, certains y finissent par la même occasion une courte nuit.

 



           
Au bout de trois bons quarts d’heure nous commençons à distinguer des morceaux de terre entre le ciel bleu et la mer turquoise, nous le savons déjà, il s’agit des trois Îles du Salut, célèbres pour leurs bagnes où ont séjourné nombre de prisonniers politiques, malfrats, assassins et déserteurs… Il nous faut à peine dix minutes pour arriver à terre : le spectacle est à couper le souffle, partout, d’immenses palmiers recouvrent la terre rocailleuse qui monte en dôme vers le bagne de l’Île de St Joseph, les douces vagues s’éclatent contre les rochers de la côte et le soleil tombe sur une mer turquoise (décrit comme ça on pourrait avoir une sensation de fraicheur mais on crevait réellement de chaud). Nous préférons nager vers la côte plutôt que prendre le canot, petite baignade avant de nous lancer dans l’ascension de l’île, mais la mer était si chaude qu’elle ne nous a que peu rafraîchis.

 



           
Nous mettons pied à terre, nous nous séchons puis allons nous rhabiller mais nous avons malencontreusement oublié toutes nos affaires dans le bateau… C’est donc en maillot de bain et sandalettes que nous commençons notre visite de St Joseph, la flore ne se réduit qu’à des palmiers qui j’apprends ont poussé en une vingtaine d’année, autrement dit, que cette île était nue à l’époque des bagnards, un froid rocher sur l’océan. Le chemin tourne en rond autour de l’île en montant progressivement, de ce fait la balade n’est pas si sportive, n’empêchant pas qu’au bout d’une demi-heure de marche, nous nous jetons à l’eau et jouons avec les vagues pendant plusieurs heures dans une crique paradisiaque, puis tentons d’escalader les palmiers:  sans grande réussite…

            La pause finie, nous continuons notre ascension vers le bagne. Nous passons devant un cimetière, encastré entre la mer et les palmiers, nous avons immédiatement le droit à notre petit cours d’histoire : ici, ne sont pas enterrés les bagnards, bien sur que non, ce serait trop beau mais les gardiens, membres des familles de gardiens, cuisiniers… Les forçats, eux dorment avec les poissons, souvent dévorés en peu de temps car la zone était infestée de requins, attirés par la chaire abondante jetée à la mer et parfois qui venait toute seule à la mer… On comprend que peu on réussit à s’échapper et encore moins à atteindre la côte vivants.

   

            Un peu plus loin sur le chemin nous trouvons une sorte de petite crique de pierre, nous apprenons qu’il sagissait de la baignoire des prisonniers qui étaient pour la plupart blessés ou meurtris après avoir fabriqueé le chemin sur lequel nous marchons, le contact du sel n’est alors pas des meilleurs, en petite dose désinfectant mais par abus, on obtient l’effet inverse : la mort par infection était des plus courante.

 

            Il ne nous restait plus que quelques centaines de mètres avant d’entrer dans les ruines du bagne quand un immense panneau aux lettres rouges et grasses se pointe dans notre champ de vision :  « accès interdit, risque de chute de pierre » !! Indication nouvelle depuis la dernière visite de nos hôtes et guides, nous étions tout de même venus pour voir ces cailloux. Après mûres réflections, nous optons pour le fait que nous n’étions pas français et par conséquent que nous ne savions pas lire…mais « chut » !

            Nous arrivons enfin aux ruines qui ne sont que murs de deux mètres, couloirs étriqués et cellules minuscules. La végétation a entièrement repris ses droits et des arbres n’hésitent pas à s’installer dans ces lieux, poussant entre, sous ou même sur les murs !

 

Qui a dit que les arbres ne savaient pas marcher ? Tel Sylve barbe, les palétuviers avancent de 10m par ans, en projetant leurs racines vers l’avant et en faisant mourir celles de derrière. Ils sont les maîtres de la colonisation et on réussit à envahir l’ancien port de Cayenne ! Ce sont eux qui façonnent les plages et les côtes et forment les mangroves.

Leurs graines ont une forme de torpille qui se fichent dans la vase en ce décrochant de leur branche, atteignant une couche de terre plus fertile et moins salée.

Ils sont à l’abri d’une faune d’une incroyable diversité ; les racines hébergent les poissons, leurs branches : des oiseaux, leurs feuilles ; des insectes et leurs forêts de mammifères.

 

 

 



 

Nous déambulons dans les vestiges jusqu’à arriver à une immense salle (sûrement une cellule commune) dont la charpente en fer tenait encore entre les murs, c’est la pièce la  plus étonnante de ces ruines. On se croirait presque dans une gare!

 

 



           
C’est  à ce moment que j’ai remarqué une anomalie dans le paysage : le sol semblait se mouvoir, je me suis rapproché et j’ai vu qu’en fait, c’étaient des feuilles qui bougeaient, découpées en petits triangle de un ou deux centimètres. Et elles avançaient en file indienne passant à travers la pièce pour disparaitre dans une fissure de mur ; de plus en plus intrigué, je colle mon nez au sol pour voir, qu’en fait, il s’agissait de petites fourmis qui transportait les morceaux de végétal et qui les emmenaient je ne sais où. Elles se nomment les fourmis manioc, se sont de minuscules fourmis rouges qui fabriquent leur nid  avec des végétaux en décomposition, mais elles ne ramassent pas les feuilles au sol ; elles les découpent directement dans les arbres (souvent fruitiers), une colonie est capable d’en disséquer un en moins d’une nuit, imaginez donc quel fléau cette espèce représente pour la Guyane! Ceci dit, leurs longues processions de feuilles vertes ne manquent pas de charme.

 




Après avoir tourné dans plusieurs cellules et couloirs, nous redescendons vers le quai. Arrivés en bas, nous piquons une tête dans la mer turquoise pour aller sur le bateau ; nous ne manquons pas de faire plusieurs plongeons depuis le bastingage avant de siroter un bon planteur (boisson du coin composé de rhum et de jus de fruit) en compagnie du capitaine. Le bateau se met en mouvement cap vers l’Île Royale. Nous faisons le tour de l’île St Joseph en ne manquons pas d’admirer l’Île du Diable ; la plus célèbre des trois îles ; elle est inaccessible et le seul moyen d’accès est un téléphérique installé sur l’Îles Royale (hors d’état actuellement) ; sur cette petite île rocailleuse, nous apercevons une petite cabane de bois et apprenons que c’est ici que Dreyfus avait séjourné plusieurs mois (la distance était trop grande pour pouvoir la prendre nettement en photo).


           
Nous accostons sur l’Île Royale, la plus grande île de l’archipel et y partons pour y passer l’après-midi. L’île est au premier abord, bien plus aménagée que l’île St Joseph, la zone de débarquement est bien plus grande, des bâtiments de pierre à fonction militaire borde le quai. Une grande voie de pierre monte en ligne droite entre les palmiers, le chemin est vraiment magnifique et totalement ombragé mais nous ne nous attaquons pas tous de suite à la montée qui nous attend ; nos estomacs crient famine et le poids des sandwichs dans le dos nous oblige à trouver un joli et confortable coin à l’ombre sur des rochers, face à la mer (s’asseoir sur de l’herbe ou sur de la terre revient à se faire manger le postérieur par les fourmis rouges).


                       
Après cette longue pause, nous attaquons la montée de l’île, beaucoup plus raide que la précédente qui commence par un charmant petit chemin de pierre qui traverse les palmiers.

 



En haut de l’île, se trouve un hôtel et restaurant aussi un rafraîchissement est la récompense de notre ascension douloureuse. Le chemin est d’abord large et monte que légèrement, tout droit vers le centre, mais au bout de quelques centaines de mètres la route devient sentier escarpé qui monte, qui monte et bientôt cela devient une vraie escalade dans la roche, nos pied roulent sous les pierres et les noix de coco qui dévalent le chemin en secouant leur jus blanc et laiteux. Nous arrivons à un dernier bloc rocheux qu’il nous faut contourner pour attendre le sommet dont nous n’apercevons absolument rien. Dans une grosse fissure de la roche se cache une vierge derrière des barreaux, symbole que la fois chrétienne s’est implantée dans ses îles et en Guyane mais elle n’a pas annihilé les autres religions, comme c’est souvent le cas.


           
Nous arrivons enfin en haut ! Un plateau de verdure s’étend devant nous, avec de grandes pelouses et des potagers  exotiques, une grande baraque se plante devant nous, il s’agit du derrière de l’hôtel. Une poule vient me courir entre les jambes et s’en va rejoindre ses congénères dans une basse-cour ; intrigué et curieux, nous nous approchons en espérant voir quelques animaux qui sont pas de chez nous. C’est qu’alors, un de mes amis me tape sur l’épaule et pointe son doigt vers un buisson, « un agoutis »  me dit-il. Mais qu’est-ce que c’est que cette bête là? Je ne cherche pas la réponse plus longtemps et me dirige vers l’endroit indiqué quand je vois une touffe de fourrure détaler en sautillant puis s’arrêter un peu plus loin. La bestiole est vraiment amusante et curieuse à la fois, ça ne ressemble à rien de chez nous et ce n’est pas assez extraordinaire pour que France 5 fasse un documentaire dessus, donc, résultat, on n’a jamais vu cette chose où que ce soit ! Cela ressemble à un croisement entre le ragondin, le lapin, l’écureuil et d’autre… L’animal possède des pattes arrière très développées, lui permettant de bondir comme un lapin, bien que ce soit plus gros qu’un lièvre, il à une petite tête de rongeur fouineur mais très mignon.

 





Ces bestioles ont élu domicile sur l’île depuis un demi-siècle environ et depuis elles pullulent et sont devenues de moins en moins farouches mais cela ne veut pas dire qu’elles mangent dans la main des hommes bien que ceci les nourrisse plus qu’il ne faut, ils sont en centaines sur le plateau et il est impossible de les louper, ils sont devenus aussi courants, voir plus que les mésanges chez nous.

Des cages et des cabanes en bois nous attirent, il y des faisans, des poulets, des cailles et d’autre volailles… mais un peu plus loin, sous et sur un toit s’inclinant dangereusement, trois aras prennent la pose et se font admirés des touristes montrant leur beaux plumages aux couleurs chatoyantes, rouge vif, bleu azur, vert feuille, jaune rayonnant. Plus loin, un magnifique toucan aux yeux tristes est enfermé dans une étroite cage de fer.

  

Notre petite visite zoologique finie, nous prenons le chemin du restaurant, une fois rentré dans le spacieux bâtiment, nous trouvons une place ombragée sur la terrasse dominant les trois îles. La vu y est splendide, on se croirait dans une carte postale : thé glacé à la main, horizon azur, palmiers touffus, le postérieur sur une chaise fraiche après une ascension sportive : le bonheur c’est aussi simple que cela. Pendant cette longue pause, notre très cher guide, nous lance le défi d’attraper un agouti, nous, fier français que nous sommes, relevons la tête et acceptons, le regard scintillant…

La chasse commence dès la sortie de l’auberge, la créature poilu nous attend, assise avec indifférence sur la pelouse jaunis et odorante. Sans élaboré nul stratégie, nous nous ruons sur la créature qui à vite fais de nous filer entre les doigts et comme un éclaire va se réfugier dans un buisson inextricable. Un cuisant échec, certes! Mais nous n’avons pas dit notre dernier mot, nous mettons en place une ruse de sioux et tendons une embuscade tandis que d’autre rameutent les peluches vers nous, le cercle se referme, la bête est cernée, dos contre le mur, cinq humain devant elle, elle tremble, trépigne, s’immobilise, puis panique et disparait dans un trou de ras entre terre et pierre… Tentative vaine, le poids de l’humidité guyanaise commence à nous peser sur le dos, nos T-shirt se collent à notre peau, nous reprenons notre souffle quand trois agoutis se pointe à quelques mètres de nous, ni une ni deux nous fonçons, prenons chacun une bête en chasse, la mienne est coriace mais perd du terrain, je traverse des rue, des ruelles, des jardins abandonnés et dans le feu de l’action, rentre dans un jardin privé, l’agouti nous fais un magnifique quart de tour sur un mur et s’enfuit en courant à la verticale sur l’obstacle de pierre. Je me réveille de cette transe, la transe de la traque et observe ce qu’il y a autour de moi, sans le remarquer, je suis rentré dans un  véritable village, les maisons ont en terre jaunis ou en briques peintes de couleur rouge délavé, donnant presque des teintes rosées et pâlichonnes. La population est cloitrée chez elle à cette heure là, la plus chaude de la journée, il faut dire que le soleil tapait bien à 40° ! Le village est organisé en rue parallèles, les maisons sont petites mais très espacés les une des autres ; il n’y a nulle part du bitume, le sol est fais de terre battue soulevant d’ailleurs de grandes quantités de poussières. Au centre, se dresse une petite église, construite par les bagnards, malgré la puissante lumière du soleil, il y fait très sombre à l’intérieur et les fresques sont rongées par l’humidité ; apparemment les saints honorés ici sont St Joseph (d’où le nom de l’île) et St Pierre.

 

 

Autour de l’édifice religieux, il devait y avoir autrefois un jardin, mais la nature à vite repris ses droits, des palmiers et multiple cactus on poussés de façon anarchique. C’est ici que je retrouve mes camarades, nous décidons de continuer notre tour du plateau de l’île ; nos pas nous mènent à une sorte de grand piscine en pierre asséchée (j’en ai oublié la fonction), elle devait bien faire 20 mètres sur 25 et une profondeur de trois-quatre mètres avec une remonté dans un des coins, le fond de la cuve est plein d’eau recouverte d’une multitude de nénuphars sur lesquels bronzes de très verts iguanes. En faisant le tour, une pancarte aux lettres rouge nous surprend et nous choc au plus haut point : « ATTENTION CAIMANS » y est-il écrit, de quoi rendre l’endroit pas très rassurant aux heures sombres.

 

 

Les températures commencent à descendre doucement, la journée touche à sa fin, avant de repartir, nous nous ouvrons difficilement une noix de coco et dégustons sa chaire blanche et buvons son lait frais. Nous réembarquons sur le catamaran, le capitaine nous demande de lever la voile et nous y arrivons au bout d’un certain temps, mais pas sans l’aide d’un matelot qui a eut pitié de nous. La mer était légèrement houleuse sur le retour, et certains ce sont sentit l’estomac capricieux, c’est les cheveux dans le vent maritime du soir, que nous retournons sur le planché des vaches, après avoir découvert tous un monde en une journée… mais quelle journée!











                                                                                                    Aroundel alias Robin

Par cicado
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Lundi 26 janvier 2009 1 26 /01 /2009 21:29






Le 26 Janvier au soir, en faisant un tour à la mare du jardin, j'ai eu la bonne surprise de revoir "Jaunette", un triton albinos, que j'ai surnommé ainsi du fait de sa couleur (jaune). Nous l'avions aperçu il y a deux ans et l'année dernière, il ne s'était pas montré.

Les tritons sont visibles dans l'eau en hiver et au printemps où ils viennent pour se reproduire. Le reste de l'année, ils sont cachés dans les endroits humides (sous les souches ou les pierres).

Voici une photo de Jaunette, difficilement prise, avant qu'elle ne parte se cacher sous une pierre au fond de l'eau.    


                                                                                            Claire

Par cicado - Publié dans : cicado
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires - Recommander
Mercredi 17 décembre 2008 3 17 /12 /2008 15:01

08/07 : mont Carapa.

La fusée Ariane 5 vient de décoller dans une colonne de fumée qui monte en volutes dans le ciel orangé de Kourou, le vacarme est assourdissant mais il va en diminuant et bientôt, on ne voit même plus la gerbe enflammée de la fusée qui s’est perdue dans le nuages épais et grisonnants. Le spectacle a été impressionnant, surtout en soirée et c’est, les yeux émoustillés que nous attaquons la descente  du mont Carapa, panorama parfait pour assister à ce miracle de la technologie. L’on passe à travers de grands saules et bambous mêlés à la foule qui nous entraine vers le bas, lorsqu’un attroupement de personnes en bordure de chemin retient notre attention. L’obscurité n’aide pas à savoir ce qui se passe mais les discussions alentour nous indiquent la présence d’un paresseux dans un arbre canon, en face ; un touriste curieux braque une lampe torche sur la pauvre bête qui se cache les yeux avec ses petites pattes griffus, cela nous laisse le temps d’examiner le mammifère. Le paresseux est de petite taille, environ un demi-mètre de hauteur, son pelage est brun et châtain claire et sa petite tête est tournée à 180° pour nous regarder avec ses petits yeux noirs. Il fait penser à une peluche agrippée à sa branche avec son air d’enfant abandonné-mais attention aux apparences-il existe deux espèces de paresseux en Guyane, l’un est doux comme un agneau (on l’appelle d’ailleurs « mouton») mais le deuxième est farouche et agressif nommé l’uno. On les différencie à leur nombre de griffes: les « trois doigts » sont les Aïs (moutons) et les « deux doigts » sont les unos. Les paresseux sont recouverts d’une fourrure rêche et humide en permanence, sur laquelle se dépose une algue microscopique leur donnant un teint verdâtre, ce qui leur procure par conséquent, un très bon camouflage. Ils vivent environ huit ans mais l’aï peut vivre jusqu'à trente ans lorsqu’il n’est pas chassé par l’homme, ils donnent un petit par an et ils peuvent rester plusieurs mois sur le même arbre.

 

 

Ces aïs ont été pris en photos lors d’un relâché de paresseux, en juillet 2007

 

 


                Lassés de l’animal qui ne se distinguait plus dans la nuit tombante, nous continuons la descente jusqu'à retomber sur la route, là, une autre surprise nous attend : une énorme araignée paresse sur un panneau « cédez le passage », se laissant admirer par les passants. Sa taille est celle de la main, elle est toute noire et velue de la tête aux pattes, nous regardant farouchement de ses huit yeux scintillants. Il s’agit d’une « matoutou » signifiant littéralement  « araignée » en créole, c’est une mygale extrêmement courante en Guyane et malgré ses apparences de films d’horreur, elle est parfaitement inoffensive pour l’homme (ça ne veut pas dire qu’on la taquine amicalement) et on la voit souvent en vente, sous verre, dans les magasins de souvenirs.

 

  

 

                Avant de partir, j’ai observé deux papillons qui paradaient dans les bananiers. Les mœurs sont bien différents de chez nous, je n’avais jamais vu une parade nuptiale si sportive : les deux insectes montaient à des hauteurs vertigineuses (20-30m) au point de ne plus les voir pour redescendre en piqué à une vitesse hallucinante. Puis ils recommençaient et recommençaient jusqu’à ce que je les perde de vue.

                La soirée se finit donc et on rentre déconcertés par tout ce que nous venons de voir dans notre maison face à la mer, à Cayenne, nous dormons bien après cette autre grosse journée.

 

 

10/07 Cayenne

                Après une journée pluvieuse, le soleil est réapparu nous donnant une occasion d’aller visiter la ville de Cayenne. La première impression que donne la ville, est qu’elle est très mal entretenue ; les bâtiments sont sales, délabrés, certaine maisons tombent même en ruine en plein centre ville. Mais la place centrale (place des palmistes) est très jolie, l’église arbore des couleurs chatoyantes et les palmiers sont immenses. J’ai remarqué que l’architecture du coin est un mélange de créole et de style asiatique, il faut dire que beaucoup de peuples se côtoient ici.

                J'ai remarqué une chose amusante qui ne l'ai en fait pas du tout, dans les petites boutiques de Cayenne, il y a quelques tableaux où sont épinglés des papillons tropicaux, en détaillant les espèces voici ce que j'ai vu: il y avait des attacus atlas (papillon d'Asie de l'ouest), d’autres provenant du japon, des grandes tortues, des aurores et des sylvains qui sont eux bien de chez nous en plus du morpho brésilien, papillon emblème de l'Amérique latine. C'est en faisant marcher ce genre de commerce que l'on fait disparaître certaines espèces tropicales! Encore une autre forme de braconnage !

 

 

 11/07 Cayenne

Le lendemain nous partîmes pour une petite balade bien sportive dans un mont Guyanais : le mont Bourda. Les dénivelés et la chaleur nous ont fais suer comme pas possible. Le mont Bourda est réputé pour la diversité des arbres sur son dôme, ils ont tous des formes et des tailles impressionnantes, des racines parsemées d’épines acérées, des fruits gros comme des boulets de canon, des couleurs d’écorce et de bois étonnantes. Je n’ai malheureusement retenu aucun nom mais les images parlent d’elles mêmes.

 

 http://www.servimg.com/image_preview.php?i=28&u=12862641


http://www.servimg.com/image_preview.php?i=29&u=12862641



http://www.servimg.com/image_preview.php?i=30&u=12862641


Sur le chemin terreux du mont, nous avons vu une énorme épeire ainsi qu’une fourmi de 3cm qui courait sur la piste. Je n’ai vu aucun autre animal cette foi- là mais j’ai toutefois remarqué les innombrables termitières arboricoles qui se fixaient aux arbres comme d’immenses nids de guêpes.

                Le mont donnait sur la mer et de cette hauteur, on pouvait facilement voir les différentes couleurs de l’eau qui passait du marron au turquoise selon les courants et la boue tractée par les fleuves.

 

 

Après cette superbe balade, la douche s’est imposée en rentrant ; il faut dire que nous dégoulinions… mais nous n’étions pas encore au bout de nos surprises car la journée n’était pas encore finie.

  

Mes découvertes de cette nuit là sont encore plus impressionnantes que les précédentes: les amis chez qui je loge nous disent que la nuit était propice pour voir des tortus luths, qui venaient pondre sur la plage. Donc nous partons de nuit avec de petites lampes, savates aux pieds. La marée était haute et il pleuvait un peu mais l'air demeurait chargé. Nous marchons sur la plage, sillonnant le sable de nos faisceaux lumineux. Dans mon esprit, je m’attendais à voir des tortues de 50cm de long comme on a l'habitude de voir dans les docs TV ou autre, ainsi je regarde précisément chaque parcelle de la plage (cela me rappelait notre chasse à la salamandre), essayant de percer le noir et d’apercevoir une carapace mouillée sur le sable. Mon regard passe sur une chose monstrueuse encastrée dans la dune, comme un rocher lisse et régulier, je ne m’arrête même pas mais au bout de quelques mètres je me rappelle qu’il n’y avait aucun rocher sur cette plage et je fais demi-tour. Je vois alors la bête dans sa plénitude, j’en reste scotché, me frottant les yeux et me pinçant : 2m de long et environ une 60ène de cm de haut, des pattes-nageoires creusant violemment le sable, le projetant à 3 mètres avec une force monstrueuse.

Ce mastodonte femelle était en train de creuser le sable avec ses pattes arrière afin d'y déposer ses œufs. Inlassablement, elle expulsait le sable lentement puis finit par s'arrêter et après un grand râle digne d'un dragon marin et avec une régularité d’horloge, se mit à pondre ses œufs, de tailles inégales, ronds comme des balles de ping-pong et flasques comme un œuf dur sans coquille qui tombaient dans le trou. Il devait y en avoir une centaine! Après cette ponte, la tortue tenta de s’extirper de l'endroit dans lequel elle s’était installée en rebouchant minutieusement  le trou; la bête peinait pour se déplacer et rejoindre la mer, sa masse pouvait atteindre plus de 1 tonne, la nôtre devait faire 800kg. Nous n'avons pas eu le courage d'attendre qu'elle rejoigne la mer. Il faut savoir que parfois elles font des leurres pour piéger les prédateurs en creusant des trous vides ou en y déposant de faux œufs qui n'écloront jamais. Cette rencontre est tellement impressionnante que je n'y crois toujours pas, j'ai l'impression d'être dans une BD de SF parcourue de créatures préhistoriques. Il y avait environ neuf tortues sur la plage, c’était paraît-il, inimaginable et rarissime. Nous pûmes en voir une de jour le lendemain matin, elle se laissait gentiment photographier par les touristes qui à mon étonnement étaient très respectueux envers l’animal, soucieux de son bien être et personne n’est venu la toucher.

 

   


                                                                                                                               Aroundel alias Robin

Par cicado
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Jeudi 11 décembre 2008 4 11 /12 /2008 19:16

J’ai eu, cet été, la chance, la merveilleuse chance, d’aller dans une contrée bien lointaine à la nôtre mais qui, malgré la distance qui la sépare de sa grise métropole, fait bien partie de notre pays. Et oui, même en France il y a des forêts vierges, des îles sous les cocotiers et une faune et flore démesurées  qui ne demandent  qu’à être regardées  mais qui peuvent  aussi bien se jeter à votre figure.

                A vrai dire, si j’avais su, « j’oré peu etre pa v’nu » : il y a nombre de choses  qui peuvent faire reculer, mais, c’est aussi ce genre de choses qui attirent  et rendent trépidante la moindre balade en forêt. Un serpent venimeux…et puis, ho, un magnifique papillon aux couleurs et aux formes extravagantes. Alors, voilà, je vais vous  raconter toutes mes rencontres inoubliables avec les bestioles et plantes de la très verte et profonde Guyane française !

                Après quelques longues heures de vol à survoler un pré bleu où de petits moutons se promènent paresseusement, j’atterris sur le sol guyanais. Le ciel est couvert et nuageux, température extérieure : 32°. A peine sorti de l’aéroport de Rochambeau, une sensation de chaleur et d’humidité tombe sur mes épaules pour ne plus me lâcher. Les palmiers de la forêt alentour bruissent d’une légère brise. Accueilli à bras ouvert par nos hôtes, je monte en voiture pour traverser la Guyane, ou plutôt longer devrait-on dire, car de Rochambeau à Cayenne, on ne traverse guère de forêt, mais cela donne déjà un bon aperçu de la région. La nature a ici encore ses droits, les savanes vertes qui longent la route, où seules  de petites fermes timides se sont plantées, sont pour l’instant les seules visions de civilisation, on les nomme « maison de périphérie». La route s’est frayée un chemin dans ce paysage et nous pouvons observer qu’ici la terre est d’un rouge ocre et nous apprenons que cette terre tache méchamment les vêtements clairs et qu’elle est très fertile (je ne sais pas ce qui lui donne cette couleur).

                Arrivés à notre logis, nos amis me montrent quelques insectes qu’ils avaient conservés en les mettant au congélateur et qui attendaient mon arrivée ; ils me savent très friand de petites bébêtes. Et ce ne sont pas de vulgaires insectes que je vois là ! Surprise après surprise, je découvre un, deux puis trois mégasomas actéons d’un noir de jais, un mâle et deux femelles : cet énorme scarabée est magnifique, le mâle possède de grandes cornes sur le thorax ainsi qu’une défense sur la tête, sa cuirasse est lisse et immaculée. Il fait bien 17cm de long et au moins vingt d’envergure, les ailes déployées. La femelle est plus « simple », sa carapace est rugueuse et ne possède aucune émergence, ni cornes ou piques pour la décorer ; elle est plus petite que le mâle mais fait tout de même 12cm de long.

 


 








  A gauche, on voit le magnifique et virile mégasoma, tout juste sorti de la glace pour se faire photographier. On distingue bien ses magnifiques formes (bien qu’il soit un peu recroquevillé sur lui-même (ben  oui, il avait quand même un peu froid à   -20°, lui qui est habitué aux grandes chaleurs tropicales…

 

A droite, le mégasoma mâle, les ailes ouvertes et à droite, la femelle qui parait aussi grande que sont compagnon sur la photo (mais ce n’est pas le cas). Là, mes bestiaux on été démembrés, vidés, recollés et enfin épinglés dans une boite indigne et sale qui ne leur enlève tout de même rien de leur superbe.


 S’ensuivent deux énormes et magnifiques papillons de nuits qui m’ont donné bien du mal pour les identifier. L’un était un « Othorene odeva » et est un « hyperchiria aniris »

  
Après cet étonnant étalage d’espèces guyanaises, nous prenons un bon repas puis nous nous couchons, après avoir fêté nos retrouvailles, dans de grands hamacs colorés, à ciel ouvert, la mer en face de nous (notre logis se trouve sur la côte de Cayenne). L’obscurité enveloppe la Guyane très tôt dans la soirée et très rapidement  (à 19 h il fait complètement noir).  Ma première nuit guyanaise a été peu reposante, avec le bruit des vagues, des pluies rapides qui font un sacré boucan lorsque les lourdes gouttes tièdes tombent sur les grandes feuilles de palmiers ; de plus, les bruits d’insectes sont bien étranges, au point que j’ai cru un moment qu’un bricoleur fiévreux usait abusivement de sa scie sauteuse ; à vrai dire, je ne sais toujours pas quelles étaient les bestioles qui striaient et chantaient, mais je pense que des sauterelles sont probablement à l’origine de ce vacarme, les criquets font aussi pas mal de bruit mais ce n’est guerre différent de la métropole.

Voici hyperchiria aniris , sa forme est bien différente de toutes les familles d’Hétérocères d’Europe.



  

Et ici, on a un Othorene hodeva, de la famille des saturniidae ; on en trouve seulement en Guyane, ou du moins, il n’a pas été aperçu ou répertorié dans un autre secteur. Il fait 20 cm d’envergure (plus qu’un sphinx à tête de mort pour donner une idée)

                          Le soleil réveille, de par sa lumière et sa chaleur, nous contraignant à nous lever à 7h chaque matin. En me levant, j’ai l’agréable surprise de voir plusieurs colibris butinant des fleurs de bananiers. C’est un spectacle très amusant, qui m’a absorbé pendant un bon quart d’heure : ces minuscules oiseaux qui sont d’ailleurs les plus petits du monde m’ont tout de suite fait penser au moro-sphinx, avec cette façon frénétique de voleter entre chaque fleur, de pomper le nectar avec précision dans une immobilité parfaite qu’ils gèrent avec leurs innombrables battements d’ailes. D’autres papillons sont venus traverser mon champ de vision lorsque je petit-déjeunais.

                J’ai alors la désagréable sensation que mes bras me grattent, je regarde mes coudes et j’ai la méchante surprise de découvrir une bonne dizaine d’énormes boutons, ma nuit en hamac a fourni un véritable banquet à tous les moustiques de Cayenne, ici, ils ne transportent pas de maladie autre que la fièvre jaune mais ils demeurent très agressifs et impitoyables. La parade ? le « Off » ! C’est l’anti-moustique du coin et ça marche extrêmement bien, il faut s’en asperger à chaque balade en forêts et tous les soirs, sur se point, j’ai préféré donner mon sang que de me brûler mes multiples boutons et égratignures avec ce produit nauséabond.

                Les tartines à peine englouties que déjà nous partons avec d’autres amis en carbet. Le carbet, cette fameuse grande cabane en pleine forêt, pas de mur, pas de porte, la nature hostile nous encercle et notre seule liaison avec le monde civilisé est la grande pirogue, attachée au ponton devant le carbet.  On ne peut y accéder que par la rivière d’Orapou large d’une dizaine de mètres, affluant du fleuve Oyak (appelée aussi Mahuri ou la Compté).

                Le voyage en pirogue s’est fait dans le calme, il pleuvait une bruine digne de Bretagne et nous étions emmitouflés sous nos ponchos, regardant sans se lasser les rives envahies de végétation tropicale. Nous apercevons ça et là des fèves de cacao et nous élaborons une technique pour nous en faire un p’tit dej. Quand nous arrivons au carbet, le soleil est revenu. Nous accrochons les hamacs, défaisons nos affaires et nous mettons immédiatement en maillot pour piquer une tête dans la rivière. L’eau est basse (la marée a une influence jusqu’à très loin dans les terres) et nous nous enfonçons dans la boue jusqu’aux genoux (pas très rassuré en imaginant toutes les bestioles qui pouvaient s’y trouver. Faute de nager, nous nous lançâmes dans une bataille de boue mémorable puis sortons de l’eau aussi propre qu’un tapir ayant trouvé une belle flaque de boue (pas besoin de se faire prier pour y retourner).

                  

Beau comme des « negs la vase »! Un bain de boue a de nombreuses vertus dermatologiques.



Le ponton du carbet et la pirogue à marée basse. L’eau du fleuve n’est pas des plus claires.



Les carbets sont conçus  spécialement pour pouvoir y accrocher les hamacs aux poutres.



Il y a tout de même quelque aménagement, sans quoi la nature reprendrait vite ses droits. 

             Après la détente, je vais faire un petit tour en forêt pour observer la nature qui nous entoure, ma première impression est que, la forêt vierge n’est pas tout à fait comme je l’imaginais, contrairement à chez nous, il n’y a presque pas de plantes basses, ce qui fait que marcher en pleine forêt ne pose pas de problème, en plus de ça, le sol est « gadouilleux » à souhait, il y a même des petits ruisseaux ça et là. La végétation est luxuriante et verdoyante, des lianes tombent de partout, palmiers et arbres aux formes inimaginables poussent en masse et fleurs aux couleurs surprenantes sont dispatchées dans toute cette mélasse. Permettez-moi de vous présenter une plante assez extraordinaire : l’awara. C’est un palmier dont les feuilles partent du sol et se déploient en éventail sur 3-4 mètres de haut, la nervure centrale de chaque feuille est recouverte d’épines acérées de couleur noire faisant facilement cinq centimètres de long (elles perforent et transpercent la main comme couteau dans le beurre, il faut vraiment se méfier) ; ces longues épines ne sont pas là pour nous embrocher mais pour attraper toutes les feuilles mortes tombants des arbres, ainsi, l’awara se crée son propre humus et ne laisse rien aux autres, il est d’ailleurs surnommé « l’arbre poubelle ». On fait aussi, à l’époque de Pâques, un breuvage avec la sève de cette plante nommé « le bouillon d’awara », c’est une spécialité guyanaise qui à donner naissance à un proverbe qui dit que « qui boira du bouillon d’awara, en Guyane reviendra » (à mon grand malheur, je n’en ai pas bu…). On fait aussi du jus avec ses fruits ressemblant à de sorte d’abricots.

  http://www.servimg.com/image_preview.php?i=21&u=12862641

  
 
http://www.servimg.com/image_preview.php?i=22&u=12862641


http://www.servimg.com/image_preview.php?i=23&u=12862641


               
La faune se fait beaucoup plus discrète, je ne vois aucune espèce animale pour l’instant, il faut dire que la pluie qui venait de se déverser sur nous quelques minutes auparavant a dû leur retirer l’envie de sortir. C’est alors que je vois une immense tache bleue turquoise qui fend la végétation en un temps éclaire pour arriver sur nous, c’est un grand papillon bien connu de tous comme l’emblème même du Brésil  et de la Guyane, le grand et magnifique morpho brésilien, connu sous bien d’autres noms comme la grande charlotte… Son envergure en d’une douzaine de centimètres et son vol est saccadé et frénétique mais il plane dès qu’il est au dessus du fleuve ; c’est un papillon qui ne se pose que très rarement et je n’ai donc pu le photographier mais voici tout de même une photo prise sur le net, pour vous faire partager la beauté de la bête. Il existe une demi-douzaine d’espèces de morpho dans le monde et il y a bien trois espèces que l’on peut voir couramment en Guyane.

 

 


            


   
Après cette petite balade en forêt tropicale, je rentre un peu déçu tout de même, de ne pas avoir vu plus de bestioles extravagantes, mais cela viendra. En attendant, nous déjeunons à la lueur de chandelles, lampe électrique et torches que nous avions fabriquées. Le ventre bien plein, on serait bien facilement attiré par le hamac mais la nature m’appelle encore une fois ; avec beaucoup d’espoir, je tends un drap entre deux poutres et le laisse pendre, puis je l’éclaire à l’aide de plusieurs torches électriques, persuadé que moult créatures viendraient , mais mon appât marcha tellement bien que même les moustiques n’étaient pas attirés (à présent je sais ce qui n’allait pas, mes lampes n’étaient pas assez puissantes, elles étaient mal placées et en plus pendant une journée où il n’avait fait quasiment que pleuvoir, les papillons de nuit étaient bien timides). Mais permettez- moi de vous présenté une autre photo volée sur le web qui montre ce qu’aurait pu être ma chasse dans de meilleures conditions ; attention, c’est très impressionnant et je bave devant.

 


                Un crissement strident perse la nuit identique au son que j’avais entendu la veille. Je décide promptement de partir à la recherche de la bestiole qui fait ce boucan. Je la trouve à quelques mètres du carbet sur un jeune palmier, c’est une sauterelle de modeste taille (bien plus petite que notre grande sauterelle verte) mais sa forme est étonnement différente des espèces de chez nous : son corps est bien plus élancé et plus saillant et sa tête est surmontée d’une sorte de corne, c’est un prolongement de sa tête, formant un pic, donnant à la bête un air agressif et hostile. Je la saisis délicatement par le thorax et je m’effare devant la taille des mandibules, elles mesurent bien un centimètre chacune et je ne doute pas de leur puissance que je teste malgré tout avec un gâteau apéritif qu’elle sectionne avec une facilité peu rassurante. Je repose la créature sur sa plante et pars à la recherche d’autres monstres amazoniens. C’est en rentrant de mon excursion que je découvre un crapaud d’une taille effarante en train de finir les croquettes délaissée par le chien. C’est un crapaud buffle, il fait bien 25cm de longueur et sa tête est grosse comme un poing, une long ligne marron longe sa colonne vertébrale et ses yeux sont noirs avec de fines paupières jaunes. Je le taquine du doigt et il me le happe avec sa langue, d’une force étonnante, l’attaque est plutôt surprenante on n’a beau dire que la petite bête ne mange pas la grosse et bien le vilain crapaud a bien essayé.


http://www.servimg.com/image_preview.php?i=24&u=12862641
 

                Nous nous couchons dans nos hamacs de toile peu de temps après, je m’endors comme un plomb. Les chiens nous réveillent à environ sept heures du mat, et une nouvelle journée commence dans la forêt. Mais avant toute chose je vais vous dire toutes les choses à faire et à ne pas faire en carbet. En premier lieu, il ne faut jamais poser un seul vêtement couverture ou autres tissus par terre, de minuscules bestioles nommées  « pou d’agoutis » s’y logent et piquent le malheureux humain qui a été en contact avec le vêtement puis ils choisissent la peau de la victime comme nouveau logis en attendant la maturité. Autre insecte incommodant est le ver macaque qui est une sorte d’ichneumon pondant ses œufs sous la peau des mammifères, il faut donc toujours surveiller de près chaque bouton. Une des lois de la jungle pour survivre en forêt est de ne jamais rien toucher, on connaît très bien l’histoire des petites grenouilles colorées qui insufflent un poison mortel au simple toucher (je n’en ai pas vu, dommage …) ; mais certaines plantes sont aussi dangereuses, ainsi que les serpents que l’on prendrait pour une liane ou une racine…


               
La matinée se passe tranquillement sans découverte particulière à part un gros moustique aux pattes postérieures arborant un plumeau bleuté, de telle sorte que j’ai cru qu’il s’agissait d’un minuscule papillon au premier abord, sa carapace était bleutée-argentée lui donnant une certaine beauté, comme quoi, même un moustique peut être très joli.

                Nous repassons une après-midi à se baigner joyeusement dans la rivière, se laissant dériver, emportés par le courant accrochés à une bouée. Quand soudain, un petit poisson d’une dizaine de centimètres remonte rapidement à la surface et effleure ma main, c’est alors qu’une violente décharge électrique me parcoure tout le corps, me paralysant le bras et me rendant muet pendant plusieurs secondes. Lorsque je reprends me esprits, je sors précipitamment de l’eau en annonçant à la cantonade que je viens de me faire électrocuter par un monstre écailleux, la réaction ne se fait pas attendre, panique générale et puis personne n’a remis le moindre doigt de pied dans l’eau de toute la journée. Cela n’était jamais arrivé à personne présent dans le carbet et l’identité du poisson reste un mystère, j’ai cherché sur le net une probable identification mais j’ai fais chou blanc : on ne parle nulle part de petits poissons électriques dans les eaux douces des rivières guyanaises, et j’en suis sûr, il ne s’agissait pas d’une anguille. Cela reste tout de même une sacrée expérience.

En partant du carbet pour retourner à la civilisation (c’est court un week-end !) un serpent de deux mètres de long passe entre les jambes d’un copain qui ne l’a pas vu sur le coup, mais son petit frère, derrière, était tétanisé… Le reptile part se réfugier dans les arbres et se confond admirablement aux lianes vertes d’où son nom de « serpent liane », il progresse en projetant sa petite tête pointue de branche en branche, sa langue fourchue sifflant dans l’air. J’apprends plus tard que ce serpent était mortel.

En arrivant à la base militaire de Stoupan où nous avions loué la pirogue, je trouve un scarabée de taille moyenne, noir, avec un thorax d’une forme bien particulière. Il me semble qu’il fait parti de la famille des « titans ».

http://www.servimg.com/image_preview.php?i=25&u=12862641

http://www.servimg.com/image_preview.php?i=26&u=12862641

http://www.servimg.com/image_preview.php?i=27&u=12862641



              La base avait aménagé pour les touristes une petite salle où ils présentaient quelques serpents ou araignées en captivité, un cadre avec plusieurs morphos et une immense mâchoire de caïman  accroché au mur comme un trophée de chasse. Nous avons visité la salle puis nous avons repris la route pour rentrer à Cayenne, le retour à la civilisation est un choc!

  


                                                                                                                                    Aroundel alias Robin

Par cicado
Ecrire un commentaire - Voir les 10 commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés